Il est recommandé de se demander avant tout si l'on a déjà pris le risque de s'infecter. Un test ne nous parait indiqué que si tu as couru un risque. La crainte de l'infection est partagée par beaucoup de jeunes. Une discussion avec une personne de confiance pourrait t'apporter un soulagement psychologique et peut-être t'aider à mieux évaluer la gravité éventuelle du risque que tu as pris. De nombreux centres proposent des consultations anonymes et gratuites et des groupes de discussions.
Nous te recommandons vivement de ne te soumettre au test que si tu as la possibilité d'être conseillé (de façon personnelle et anonyme). Demande que le résultat te soit communiqué au cours d'un entretien et non par lettre ou par téléphone. Qu'il soit positif ou négatif, il faut discuter de sa signification et de ce qu'il peut impliquer pour ton comportement futur. Si le résultat est positif, l'entretien donne surtout la possibilité de trouver un appui. Il faut aussi déterminer si tu as des amis ou des proches sur lesquels tu peux compter. Il nous semble pratiquement impossible de résister psychologiquement à l'annonce d'un résultat positif sans pouvoir se confier à quelqu'un. Partager son angoisse, sa colère, son désespoir et son chagrin avec des amis peut apporter un soulagement.
N'oublie pas qu'il faut généralement plusieurs jours au centre d'analyse pour communiquer le résultat du test, qui aura si nécessaire fait l'objet d'examens complémentaires de vérification. Cette période qui s'écoule entre la prise de sang et l'annonce du résultat définitif est parfois très éprouvante.
En France, tous les actes médicaux sont protégés par le secret médical. Mais si tu préfères tout de même conserver l'anonymat et bénéficier de la gratuité, nous te conseillons de l'effectuer dans un Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG). il en existe plus de 200 en France, 34 rien qu'en région parisienne.
Tu peux aussi demander ton test auprès d'un médecin et l'effectuer dans un laboratoire. Dans ce cas tu devras avancer l'argent. Le test est remboursé à 100% par la Sécurité Sociale.
Un des arguments en faveur du test c'est qu'il existe aujourd'hui certains médicaments pour les personnes séropositives qui peuvent retarder l'apparition du sida et peuvent ainsi améliorer la qualité de vie. Toutefois il ne faut pas se leurrer : on ne dispose actuellement d'aucun médicament qui permette d'éliminer le virus ou de guérir le sida.
Il est irresponsable de vouloir se soumettre au test en passant par le don du sang. Supposons que tu te sois infecté mais que ton organisme n'ait pas encore réagi en produisant des anticorps : ton sang infecté serait classé «négatif» et pourrait être donné à un patient. Outre qu'elle fait encourir des risques à d'autres personnes cette pratique doit être écartée car elle ne garantit pas I 'anonymat et ne permet pas d'assurer un encadrement suffisant en cas de résultat positif. Ne donne de sang que si tu n'as jamais pris aucun risque.
Une dernière information : le test ne peut être effectué qu'avec le consentement exprès de l'intéressé (c'est-à-dire qu'il faut avoir reçu l'information, étre en pleine capacité de ses moyens et avoir accepté de faire le test). Cette règle s'applique aux cabinets médicaux, aux hôpitaux, à l'armée, aux établissements pénitentiaires et à plus forte raison aux examens de routine en cas d'embauche. Tu n'es aucunement tenu de communiquer le résultat de ton test.
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Que signifie le test ?
Les tests couramment employés actuellement visent à déceler la présence dans le sang d'anticorps contre le VIH. En effet, l'organisme réagit à l'infection par le VIH en produisant des anticorps. Chez la plupart des gens, ces derniers apparaissent au cours des deux mois qui suivent l'infection par le virus.
Si des anticorps anti-VIH sont mis en évidence, le résultat du test est positif. Sinon, il est négatif. Mais attention : un résultat négatif signifie uniquement que des anticorps n'ont pas pu être décelés au moment du prélèvement sanguin. Si le test des anticorps anti-VIH est pratiqué trop tôt (c'est-à-dire si tu n'as pas attendu au moins deux mois après une infection éventuelle), le résultat négatif peut être trompeur.
Les tests qui permettent de mettre en évidence la présence du virus lui-même ne sont pas encore pratique courante. L'expression commune de «test du sida» est erronée. En effet, le test des anticorps anti-VIH permet uniquement de constater ou d'exclure une infection à VIH.
Chez certaines personnes, le sida se déclare peu de temps après la contamination par le VIH. La plupart vit «séropositif» depuis des années sans présenter de symptômes du sida. D'après certaines statistiques, on observe un sida déclaré chez 50% des séropositifs après dix ans.
Il n'est pas nécessaire de se soumettre au test pour se protéger et protéger les autres. Ce qui importe surtout, c'est d'identifier les situations à risque et d'adopter le cas échéant un comportement plus sûr.
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Es-tu fidèle ?
Pour certains couples, le risque de transmission du VIH ne constitue pas un problème : ils sont fidèles et seronégatifs vis à vis du VIH. Si deux hommes non infectés couchent ensemble et n'ont pas d'autres rapports, ils ne peuvent pas s'infecter, c'est logique. Toutefois, quelques remarques doivent retenir notre attention.
On ne trouve généralement pas du jour au lendemain la personne qui compte pour soi plus que toute autre. En la cherchant, tu vas peut-être tomber plusieurs fois amoureux et vouloir avoir des rapports sexuels. Il se peut que tu passes des mois merveilleux avec des partenaires sans finalement rester avec eux «pour toujours». Alors, le «safer sex» s'impose.
Quand tu couches avec un homme, tu couches aussi avec son passé et lui avec le tien.
Même si vous êtes prêts à la fidélité sexuelle mutuelle, le « safer sex » reste de mise. Car avant d'envisager des rapports non protégés, il faut mener pendant au moins trois mois une vie sexuelle absolument fidèle et protégée puis ensuite avoir des résultats négatifs au test. Apres cette période, vous vous connaîtrez assez bien pour pouvoir parler de la pratique du safer sex en cas d'écarts éventuels.
A propos du couple : il se peut que les homosexuels aient une approche plus décontractée de la sexualité que les hétéros, et les couples durables entre hommes sont loin de constituer des exceptions. Pourtant, les partenariats homosexuels ne sont encore reconnus qu'au Danemark. En France, les bisexuels et les homosexuels subissent des inégalités de traitement. Pour autant, des progrès ont été réalisés récemment. La Sécurité Sociale permet à un conjoint homosexuel de bénéficier de la couverture sociale de son ami sous certaines conditions.
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Un sexe gai plus sûr
Nous disons ouvertement ce que nous aimons. En effet, une personne informée, qui connaît le safer sex, peut mieux évaluer ses risques et vivre sa sexualité d'une manière plus sûre.
Baisers et Câlins
Tu peux embrasser et câliner sans hésiter. Même les baisers profonds sont sûrs, en l'absence de lésions buccales (gingivites, aphtes, blessures, ...) Tu peux explorer tout le corps de ton partenaire avec ta langue. Pas de problèmes, alors profites-en !
Caresses érotiques
Délicatement ou vigoureusement, à deux ou plus, devant la cheminée ou dans le foin : les caresses, la branlette et autres papouilles remportent toujours un succès mérité ! Et on peut se tripoter et se branler tant qu'on veut en toute sécurité. Aussi se frotter l'un contre l'autre, c'est très excitant (tu peux essayer avec un gel).
Fellation, pipes
Beaucoup de gens croient que sucer est une des principales voies de transmission du VIH parce que le virus contenu dans le sperme peut pénétrer dans l'organisme par la bouche. Mais, le risque d'attraper le VIH en taillant une pipe est très faible. En outre, il est prouvé que la salive et le suc gastrique ont un effet anti-infectieux. Malgré tout, nous te recommandons de ne pas jouir dans la bouche (et de ne pas te faire jouir dans la bouche). Mieux vaut être prudent et se retirer de la bouche avant l'orgasme. Si tu veux jouir dans la bouche, utilise un préservatif. De plus, ça protège d'un risque d'infection de blennorragie orale («chaude-pisse»).
Pénétrations (anale et vaginale)
«Don't be silly, put a condom on your willy» La pénétration, c'est à dire l'introduction du pénis dans l'anus ou dans le vagin, est très risquée sans préservatif. C'est vrai aussi bien si tu te fais pénétrer sans protection que si tu pénètres sans protection. Le «coitus interruptus» (se retirer avant de jouir) est aussi hors de question !
La plupart des hommes séropositifs ont été infectés lors d'une pénétration non protégée. Donc, emploie toujours un préservatif et beaucoup de gel à base d'eau.
Godemichés
Les «godes» et autres accessoires ne présentent pas de risque si tu ne les partages pas avec tes partenaires. En cas d'emploi à plusieurs, un préservatif que l'on change entre chaque utilisateur assure la protection requise.
Anulingus
«Bouffer le cul» n'est pas une pratique anodine. Elle est souvent considéré comme pouvant transmettre des maladies (par ex. l'hépatite).
Pas de limites à l'imagination
Non rien ne peut arrêter ton imagination. Le sexe, c'est donner libre cours à sa fantaisie, c'est réaliser des fantasmes partagés. Le sexe, c'est tout ce que tu peux imaginer, tout ce qui te permet de sentir ton corps et celui de l'autre et qui vous fait du bien. C'est un voyage à la découverte d'innombrables possibilités, plein de tendresse et de sensualité, plein de désirs et de plaisir.
Du moment que les partenaires font ce qui leur plaît et que c'est sans risque, il n'y a pas de problème. Le rapport sexuel est un moment où l'on se détache de soi-même, où l'on se donne et s'abandonne. Prenez tout votre temps : la précipitation ne fait pas bon ménage avec le désir. «Safer sex» signifie aussi se sentir en confiance l'un avec l'autre, se comprendre mutuellement.
Pourquoi pas, par exemple, se doucher ou prendre un bain ensemble ? ou se sucer les orteils et se lécher les pieds. Se caresser tendrement les oreilles, les tétons et les cuisses. Ou un massage sportif revigorant. Certains gourmands lèchent volontiers un corps enduit de miel et de crème au chocolat, d'autres, plus élitistes, sirotent leur champagne dans le nombril de leur amant. Les vidéos ou le sauna peuvent être excitants, tout comme une folle soirée en boîte - ou un ballet classique. Une dernière remarque : parler de sexe avec son partenaire, c'est souvent très bandant. Et en plus, ça permet de savoir ce qu'il aime.
Conseils pour l'utilisation du préservatif
L'emploi du préservatif est une question d'habitude. Si la capote ne t'est pas familière, le mieux est d'en acheter un paquet et de faire les premiers essais seul. Tu verras qu'après deux ou trois tentatives ce sera un jeu d'enfant.
Tu peux acheter les préservatifs et du gel au supermarché, dans les grands magasins ou les pharmacies. Ils sont aussi vendus par correspondance en toute discrétion, notamment par : Le Kiosque Info Sida et le GAGE.
N'utilise que des préservatifs qui ont reçu la norme NF, tu ne dois d'ailleurs trouver que ceux-là sur le marché. Constitué d'une membrane en latex extrêmement mince et trés extensible, le préservatif empêche le passage du VIH si il est correctement utilisé. Vérifie bien la date limite d'utilisation imprimée sur l'emballage. Des capotes, de fantaisie, de couleurs vives, avec ou sans aspérités, parfumées à la fraise et autres subtilités, peuvent mettre un peu de couleur dans nos chambres à coucher. Si tu penses que les préservatifs courants sont trop petits ou trop grands pour toi, tu trouveras un vaste choix dans le commerce, il existe d'ailleurs des préservatifs plus résistants conseillés pour la sodomie (pénétration anale) ou plus minces pour les fellations.
Passons à la pratique : tu as une érection et tu as envie d'une pénétration, c'est le moment de sortir le préservatif. Attention en ouvrant l'emballage : les dents et les ongles risquent d'endommager la capote. Une goutte de lubrifiant soluble dans l'eau sur le gland peut augmenter le plaisir. Essaie donc !
Il faut maintenant placer le préservatif sur le gland, partie enroulée à l'extérieur, et le dérouler jusqu'à la base du pénis. Si tu n'es pas circoncis, «décalotte» (découvre le gland) pendant l'opération. Ton partenaire peut aussi t'aider.
Sur certaines capotes, le bout est muni d'un réservoir à sperme. Cet espace n'est pas vraiment nécessaire. En revanche, il importe qu'il n'y ait pas de bulle d'air au bout du préservatif, car sinon il subira des contraintes excessives à cet endroit, ce qui risque de l'endommager.
N'utilise que du gel à base d'eau et en quantité suffisante. Ce produit réduit le frottement entre le caoutchouc et la peau, diminue le nombre de lésions et empêche la capote de se déchirer. Nous te déconseillons de lubrifier avec la salive. Son pouvoir lubrifiant et sa quantité sont insuffisants. Les corps gras comme les lotions pour le corps, les crèmes pour les mains et la peau, la vaseline, la graisse, le «Cetavlon», les huiles de massages et autres devraient rester à la salle de bain ou à la cuisine. Ils détruisent le préservatif, même si ça ne se voit pas à l'oeil nu.
Après l'orgasme, retire ton pénis pendant qu'il est encore en érection. Ce faisant, retiens la capote par la base. Jette-la à la poubelle et non dans les toilettes ou dans la rue. Il va de soi qu'un préservatif ne doit jamais être réutilisé.
Il n'aime pas non plus le soleil : ne pas l'exposer des heures sur la plage ou sous le pare-brise d'une voiture.
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...et comment le VIH se transmet-il ?
Si du virus contenu dans le sperme, les sécrétions vaginales ou le sang d'une personne touchée par le VIH pénètre dans le système sanguin d'une autre personne, il existe un risque élevé de transmissibilité. Concrètement, cela peut se produire lors d'un rapport sexuel non protégé (anal ou vaginal) ou en cas d'utilisation en commun d'une seringue.
Les muqueuses de l'anus, du vagin et du gland sont très minces. En outre, les tissus qu'elles recouvrent sont très fortement irrigués par le sang. Il est fréquent que la pénétration occasionne de trés petites blessures (micro lésions), invisibles à l'oeil nu mais suffisantes pour permettre le passage du VIH. On comprend ainsi pourquoi la pénétration non protégée est trés risquée. Bien que la salive ait un effet inhibiteur sur le VIH, on ne peut exclure totalement une infection par la bouche. C'est pourquoi les principaux messages du sexe à moindre risque (safer sex en anglais) sont les suivants :
pénétration toujours avec préservatif
pas de sperme, ni de liquide séminal dans la bouche
Le fait qu'une personne soit séropositive ou atteinte du sida ne pose pas de problème de transmissibilité dans la vie de tous les jours et dans la pratique du safer sex. En effet :
prendre quelqu'un dans ses bras, lui serrer la main, se trouver à côté de lui quand il tousse ou utilise des toilettes publiques ne présente aucun risque de contamination. Il en va de même si l'on utilise en commun des couverts, des verres et du linge avec une personne infectée ;
le contact du sperme sur une peau ne présentant pas de lésions, par exemple si ton partenaire te jouit sur le ventre ou dans la main, est sans danger ;
une transmission du VIH par la salive, les larmes, l'urine ou les selles n'a encore jamais été mise en évidence, même si des analyses en laboratoire peuvent permettre d'y déceler de très faibles concentrations du virus.
les piqûres de moustique ne peuvent pas transmettre le VIH.
Même deux partenaires séropositifs devraient respecter les règles du safer sex. En effet, il est possible que des réinfections accélèrent l'apparition du sida.

